Rayonner

Mis à jour : 13 août 2020

Il y a un temps ou il faut accepter de se résoudre à être qui nous sommes plutôt qu’à chercher à se définir en entrant dans le jeu de l’ego qui veut être vu, reconnu, arriver au sommet.

Cela peut être un mouvement très subtil s’immiscent au sein même de tes passions quotidiennes. Parfois de ce que tu estimes être ta voie.


Il n’y a rien de factuel qui soit ta voie en soi.

Incarner son essence ne passe pas forcément par un métier.

C’est qui tu es + le fruit de tes expériences qui infuse à travers toi, sans que tu en es même conscience. C’est cette part de toi qui agit sans agir.

Peut toucher, nourrir ou éveiller l’autre à ton contact.

Pas ce que tu penses incarner à travers des actes ou une profession.


Le soleil ne te réchauffe pas parce qu’il s’appelle soleil ou parce que tu sais que c’est son métier. Il rayonne sur toi sans volonté.

Et c’est se rayonnement dont tes cellules et tout le vivant se nourris sans jamais l’appauvrir.


Il est détaché de tout résultat.

Il existe simplement.

N’attends pas d’être reconnu pour cela.


Le mystère git dans tes intentions.


Une intention alignée et honnête génère un produit fructueux.

Une intention dirigée par l’ego génère de la souffrance.

Un prix à payer.


C’est un mouvement subtil, parfois sournois qui prends le contrôle de tes aspirations.

La plupart du temps tu n’a pas conscience de ces couches là de ton existence.

Et pourtant elles influencent beaucoup plus ta vie que ton conscient.

Du moins au début.


Car si tu es accompagné - notamment à faire la clarté sur tes mouvement intérieurs - tu gagneras de plus en plus en enracinement et donc en conscience de toi même.


L’enracinement attention ce n’est pas travailler son ancrage, ça n’a strictement rien à voir !

L’enracinement c’est un travail profond sur ton énergie et tes mouvements d'ego, notamment tout ce qui est en lien avec les peurs primaires et les réflexes de survie.

Ce qui fait barrière à ta capacité d’entrer en réalité.


Tant que tu penses, agis et vit globalement en accord avec cet égo qui te pousse à réfléchir à 100 000 à l’heure tu ne peux pas rentrer dans la profondeur de l’instant.

Tu connaîtras des ersatz de présence après le yoga ou une semaine de retraite méditative ou autre. Mais rien de permanent, rien de stable.

Tu dois recommencer la pratique pour retrouver l’état.


Hors un travail d’enracinement lui développe au fur et à mesure beaucoup plus cette capacité dans la durée.

Elle t’appartient.

Tu fais corps avec elle.

Et c’est mon métier, entre autre, de t’accompagner à cela.


Sans cet enracinement tu survoles, tu crées de droite et de gauche.

Sans jamais vraiment rentrer au coeur du sujet.


Cela t’empêche de rencontrer ton énergie naturelle, plus souple et légère.

Fluide et adaptable. Facile et puissante.


Les mouvements de l’égo veulent contrôler, il veulent produire, il veulent exister.

L’ego n’as pas compris qu’il existe déjà et qu’il n’a rien à prouver.

Il veut plus. Quel qu’en soit le prix.


À lire cette phrase tu comprends peut être mieux pourquoi nous en sommes arrivés là à l’échelle de la planète.


Plus d’amis, plus de followers, plus d’argent, plus de reconnaissance, plus de succès, plus de performance…plus, plus , plus ..la quête assoiffée.


Ce même égo qui se cache parfois même sous les projets paraissant les plus altruistes.

Les plus «  bienveillants ».


Nous sommes humains, nous sommes imparfaits et vulnérables et il nous ferait je pense grand bien d’arriver à l’accepter.


Sortir de la quête ou de la posture de supériorité c’es arrêter de courir après sa vie.

C’est rentrer dans l’ici et maintenant où j’existe pour moi et je peux prendre plaisir.

Où j’arrête de prendre l’autre, moi même et la planète pour un bien de consommation.


Autrement je suis esclave de ma propre condition, me mettant en mouvement toujours pour l’extérieur, si peu pour moi.


C’est le JE qui veut vaincre, qui veut briller.

Il veut prouver sa valeur plutôt que de la reconnaître.

Entrer dans son habit d’apparat qu’il n’atteindra jamais.


Alors il cours, il suffoque et lutte encore.

Des objectifs toujours plus grands, un coeur toujours plus sec de ne plus prendre plaisir à marcher son propre chemin. Toujours inquiété du résultat de ses actions et de la prochaine marche à gravir sur le podium.

Il doit être beau et brillant et c’est ainsi.

Alors vient la colère puis l’épuisement.


Une vie bien misérable en somme.


Voici ce qui conduit à la perte de sens, à un burnout prévu d’avance.


Le sens que nous donnons à nos vies ne dépends en aucun cas de l’apparence extérieure de ce que nous faisons. C’est un sentiment intérieur de plénitude, de cohérence, un alignement qui ouvre le coeur à la puissance et la beauté du vivant.


Nous avons bâti nos sociétés sur l’image; mais le sage se cache où on ne l’attends pas.

Ne sachant peut-être même pas lui même qu’il en est un.

Car uniquement celui qui ne cherche pas à briller peut rayonner.

Et tout autre tentative est une imposture.


Seule le détachement conduit à notre vérité.


Aussi les plus grands maîtres spirituels sont souvent ceux qui n’en revêtent pas l’habit alors que celui qui affiche sa « spiritualité » est en réalité en train de jouer à.

Ainsi je peux être éboueur et parfaitement aligné.


Il n’y a pas de réelle leçon à donner.

Uniquement du partage d’expérience, de vécu.

Voilà qui sont ceux qui incarnent véritablement leur nature.

Ceux qui en ont fait l’expérience.


Voilà ce qu’est réellement être « présent ».

Ce n’est pas un état méditatif.

C’est être pleinement engagé dans son expérience, en conscience.

Ce n’est pas un état qui s’atteint en entrant dans la vacuité.

Mais bien en acceptant pleinement son incarnation, autrement dit sa vie dans la matière.

Soi, son corps, ses qualités et ces défauts.

En totale transparence.


C’est donc à cela que servent nos vies selon moi et à rien d’autre.

Nous expérimenter nous mêmes à travers notre quotidien.


Ainsi nous comprenons que les enjeux que nous mettons sur nos réalisations sont autant de prétextes à se faire souffrir plutôt qu’à entrer dans la fluidité de l’instant.

L'instant qui se moque bien de savoir ce que « les autres » en penseront.


C’est uniquement dans ce détachement là que je peux pleinement me vivre.

Prendre plaisir à ce qui est, sans volonté.


C’est l’agir dans le non-agir.

Je suis, j’agis.

Pour autant je n’attends rien.

Marion

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